Au fait, c’est quoi les suffixes honorifiques japonais ?

Au fait, c’est quoi les suffixes honorifiques japonais ?

Au japon, pour s’adresser à quelqu’un ou parler d’une personne, on utilise des suffixes honorifiques ou des désignations particulières. C’est très important pour les nippons car la politesse est l’une de leurs valeurs les plus importantes, après les traditions et les dieux.

Tout d’abord, il faut savoir que les japonais utilisent le nom de famille pour désigner quelqu’un. Par exemple, Yamada (Nom de famille) Saki (Prénom) sera désignée par Yamada-Chan. Le prénom (ou des surnoms liés à celui-ci ou au nom de famille) est utilisé par les amis proches, la famille ou le/la conjoint(e), petit(e) ami(e) etc. ça donnera dans notre cas Saki-Chan ou Sa-Chan.

  • San (さん):

C’est le suffixe « standard ». Traduit par madame ou monsieur en français, on l’utilise souvent pour quelqu’un qu’on respecte mais avec qui on n’est pas spécialement proche comme un collègue de travail. Il se met après le nom de famille mais peut se trouver après un prénom lorsque qu’on est professeur et que l’on s’adresse à un élève. Ex : Tanaka-san.

N.B. : On utilise -san pour les monts/montagnes. Le mont Fuji se dira Fuji-san.

  • Han (はん) :

Han est un équivalent de san utilisé dans le dialecte du Kansai, plus précisément dans la région de Kyôto.

  • Kun () :

On utilise généralement ce suffixe pour parler à un garçon plus jeune ou du même âge que nous-même. Cependant, dans certains contextes (à l’école, au sein d’une entreprise, … dans un contexte de camaraderie) un homme (garçon) pourra l’utiliser pour s’adresser à une fille de son âge ou plus jeune que lui. Ce ne sera par contre normalement jamais utilisé entre deux femmes.

L’utilisation de -kun est légèrement moins polie et moins neutre que pour -san. On ne peut en revanche pas non plus considérer que ce soit le signe d’une grande affection.

  • Chan (ちゃん)

-Chan » a une fonction assez proche de « -Kun », sauf qu’elle s’utilise avec des filles principalement. C’est une particule assez affectueuse, qu’on emploie avec : une amie, une camarade de classe, une petite sœur, un bébé, une grand-mère, une petite fille, voire une femme pour lui indiquer qu’on la trouve mignonne. L’origine de ce terme provient d’un problème de prononciation chez les très jeunes enfants. En effet, les petits japonais ont généralement du mal à prononcer les « S » correctement et les remplacent souvent par des « CH ». -Chan est en fait une déformation de -san. On l’utilisera pour s’adresser à un jeune enfant et ça a un certain côté « mignon » qui fait qu’on l’utilisera à la place de san pour le rendre plus affectueux. Il peut même arriver que ça se traduise par un mot comme chéri(e) dans certains cas.

  • Chin / Tan (ちん / たん) :

Ces deux suffixes, assez peu utilisés, sont tous deux des déformations de chan et s’utilisent peu ou prou de la même façon.

  • Sama () :

Sama est un suffixe beaucoup plus solennel. C’est une marque de profond respect qu’il est convenu d’utiliser lorsque l’on s’adresse à un supérieur quelconque. On placera donc sama derrière le nom d’un supérieur hiérarchique, d’un noble de haut rang, d’un dieu ou d’une déesse mais également pour parler à un client de son magasin ou pour s’adresser à quelqu’un à qui l’on voue une certaine admiration (chanteur, acteur ou artiste par exemple).

  • Chama (ちゃま) :

Chama est à sama ce que chan est à san. On l’utilisera quasi exclusivement pour s’adresser à une personne âgée.

  • Senpai / Kôhai (先輩 / 後輩) :

Un senpai est quelqu’un qui a plus d’expérience qu’un autre dans un certain domaine. Kôhai en est la réciproque (quelqu’un qui a moins d’expérience). La plupart du temps c’est utilisé dans un contexte scolaire (les élèves des classes supérieures sont alors vos senpai et ceux des classes inférieures sont vos kôhai) ou dans les clubs de sport (ça se joue alors en nombre d’années au club, ou plutôt en nombre d’années d’expérience dans le sport considéré). Mais contrairement à Senpai, kôhai est très insultant. À noter que les relations senpai/kohai dépendent du nombre d’années d’expérience dans un certain domaine et non de l’âge des personnes. Précisons également qu’en cas de même ancienneté on parle alors de dohai.

  • Sensei (先生) :

Sensei se traduirait en français par docteur ou professeur. On peut s’en servir pour parler d’hommes politiques ou d’avocats et par extension on utilisera le terme sensei en s’adressant à n’importe qui ayant atteint un certain niveau de compétence dans un domaine précis. On pourra alors trouver ce suffixe derrière des noms d’écrivains, d’acteurs ou de chanteurs également.

  • Shi ()

Shi est un suffixe très formel mais également assez neutre. On l’emploiera en fait de façon polie pour s’adresser, principalement par courrier, à quelqu’un que l’on n’a encore jamais rencontré en personne.

Ce terme est un peu plus qu’un suffixe en fait, puisqu’une fois que l’on s’est adressé à la personne concernée en ayant placé une fois shi après son nom, on peut ensuite omettre son nom et n’utiliser que shi pour l’évoquer.

  • Dono (殿) :

Dono est un suffixe qui n’est actuellement plus vraiment utilisé (à part peut-être dans la cérémonie du thé) mais que les amateurs de manga ou d’anime (surtout ceux qui aiment les histoires de samurai) ont forcément déjà entendu. On le traduit généralement par seigneur ou maître. C’est une sorte d’intermédiaire entre san et sama mais c’est également beaucoup utilisé entre deux nobles de même rang. On peut parfois entendre tono à la place de dono. C’est une question de prononciation et/ou de transcription et le kanji utilisé est tout le temps le même (殿).

Maëlane Poisson

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