Coup de foudre pour la Saint-Valentin !

Coup de foudre pour la Saint-Valentin !

Si ce titre plutôt racoleur pourrait évoquer un téléfilm de seconde zone diffusé sur la chaîne numéro une française, il n’en est rien puisque aujourd’hui je vais vous parler d’un animé japonais. Je l’ai trouvé par hasard, très récemment, le 14 Février dernier pour être plus précise et je dois dire que j’en suis tombée follement amoureuse à tel point que je l’ai fini en une seule journée et que depuis, chaque jour, je scrute l’annonce d’une saison deux de cet animé. Un coup de foudre. Littéralement. Je vais donc aujourd’hui vous présenter Blend S.

Ce seinen, sorti courant 2017, est tiré du manga de Nakayama Miyuki ,du même nom et animé par le studio A-1Pictures notamment connu pour avoir animé Fairy Tail, Magi, Sword Art Online et Uta no Prince-sama. Que du beau monde en somme. Je pense qu’après cette petite présentation, un résumé s’impose. On suit une jeune lycéenne , Sakuranomiya Maika, jolie demoiselle aux cheveux noirs de jais et aux yeux d’un prune éclatant, qui néanmoins, porte un fardeau : un regard de « sadique » au moindre sourire. Mais pourquoi un fardeau ? Le problème pour Maika est qu’elle souhaite obtenir un petit job d’étudiante pour s’offrir un voyage à l’étranger, son plus grand rêve depuis sa plus tendre enfance. Mais ce regard glaçant lui cause bien du tort puisqu’elle est recalée par tous ces potentiels employeurs, jusqu’au jour où elle rencontre Dino, un jeune italien, patron d’un café à thème. Je n’en dirai pas plus, car cela spoilerai une partie de l’histoire !!!

Alors je vous l’accorde, cher lecteur, ce scénario est assez tiré par les cheveux et complètement niais et je dois avouer que j’ai été très surprise en apprenant que cet animé était destiné à un public masculin, et non féminin, ayant entre 15 et 30 ans. Mais après réflexion, je me suis dis que ce n’était pas si surprenant que ça. En effet, de nombreux moments dans le manga sont adressés à un public très clairement masculin, comme les passages où Dino… ALERT SPOIL ! … se met à saigner du nez quand il croit apercevoir la culotte de Maika ou bien les nombreuses allusions sexuelles évoquées par les différents personnages …FIN ALERT SPOIL !… Mais Blend S, ne se base pas que sur du ecchi, et ce pour mon grand plaisir, je dois bien l’admettre. De l’humour, des moments de tendresse, de colère, de gêne, d’amitié, d’amour bien évidemment, parfois étranges, etc. Tout y est, aucune émotion n’est mise à l’écart si ce n’est la tristesse, qui est pour ainsi dire, complètement absente de cet animé, pour le moment.

Au final, pourquoi un tel coup de coeur ? Blend S est un vrai souffle de fraîcheur sur le monde du manga et des animés. Ces dernières années, le marché du manga a connu un véritable essor, que ça soit au japon ou à l’étranger et des milliers de livres nippons ont vu le jour. Mais, ce type de littérature est encore trop ciblée pour les hommes, car victime de nombreux préjugés. Ainsi, les « types » de manga existants sont axés vers un public masculin : danji, shonen, seinen, hentai, sont majoritaires sur ce marché. Les filles quant à elles, doivent se cantonner aux joji, shojo et autre josei, beaucoup plus rares, débordants d’amour niais, de triangle amoureux à deux balles et de personnages à la noix. Pas de combat, pas de « badassitude », une héroïne niaise entourée d’un harem de mecs tous plus superficiels les uns que les autres, (Kiss Him Not Me par exemple), potiche à souhait, engourdie de ses dix doigts et incapable de prendre une décision. Certains shonen sont ahurissants. Ils mettent en scène un mec, entouré de dix millions de paires de seins hystériques, qui frappent le héros car ce dernier lui a mis « accidentellement » une main sur son opulente poitrine ou vu de manière totalement incongrue sa petite culotte . Eh oui « paires de seins », car les femmes, ne sont réduites qu’à ça dans ce style de manga. D’ailleurs, les hommes ne sont pas plus gâtés de ce côté, car toujours désignés comme des pervers. Du fanservice à gogo. Voilà un parfait résumé des mangas actuels.

Mais quel est le lien avec Blend S ? Cet animé, bien qu’ayant de nombreux clichés que je critique dans les lignes qui précèdent, est d’une douceur infinie. Dino est un homme timide, maladroit avec les filles, loin d’être un pervers, qui cherche à séduire sa belle et de lui déclarer l’amour qu’il a eu pour elle dès le premier regard. Et dès le début, on comprend qu’il n’ira pas voir ailleurs. Maika est une jeune fille innocente et pure, qui se bat pour réaliser ses rêves et contre son regard qui la rend effrayante, qui fait toujours de son mieux en prenant exemple sur ses collègues et qui découvre la vie d’adolescente. Son innocence et les réactions surréalistes de Dino m’ont fait rires plus d’une fois, je dois bien l’avouer. Mais ça ne s’arrête pas là, puisque ce manga traite des différents problèmes que peuvent avoir les jeunes d’aujourd’hui et peut-être de demain. Avec les personnages de Hinata Kaho et Akizuki Kôyô, on aborde les problèmes de relations entre les jeunes filles et les jeunes hommes. Comment parler à une fille/un garçon ? Comment combattre sa timidité avec la personne que l’on aime ? Et puis, avec eux le problème des nouvelles technologies et des jeux vidéos est également étudié. On a également, le personnage de Hoshikawa Mafuyu qui est le personnage le plus âgé après le patron, mais qui est très petite. Les handicapes physiques sont vus de manière légère et on en rit, car offrant des scènes très comiques, sans pour autant s’en moquer, puisqu’on se rend compte de la difficulté qu’apporte ces différences aux personnes qui les ont et je sais de quoi je parle. Mais on a aussi des personnages qui assument complètement leur caractère givré, comme Amano Miu, qui est une fille qui aime le hentai et qui le dit ouvertement (Attention tabou!) ou Kanzaki Hideri, jeune homme qui préfère s’habiller comme une fille et qui accepte avec une facilité déconcertante son homosexualité. Et, merci mon dieu, Blend S n’est pas un ramassis de ecchi ! Enfin un manga où les seins énormes des filles et où le côté pervers des mecs ne sont pas mis sur un piédestale ! Mais comme dit plus haut, les personnages sont des archétypes, qui restent cependant dans la demi mesure, comme Kaho, qui a une poitrine imposante certes, mais qui ne déborde pas de l’écran, ou Mafuyu, qui elle au contraire n’ a qu’une toute petite poitrine mais qui ne disparaît pas aux confins de la terre, ou même Dino qui saigne du nez dès que sa belle est habillée de manière très mignonne mais qui cependant va essayer de ce contrôler. Mais j’irai bien au-delà de ça. En effet, ce manga parodie le monde de la littérature nippone. Chaque filles du manga (ce qui comprend Hideri), ont un rôle d’archétype à jouer au sein du café : la sadique, la tsundere, l’imouto , l’idole, et la onee-san, des personnages présents dans TOUS les mangas qui pratiquent le fanservice.
En bref, un manga frais, drôle et mignon, avec une animation fine et bien faite, sa juste dose d’archétypes et sa parodie de ceux-ci, qui mérite un quatre sur cinq. Il nous fout une vraie claque. Petit point bonus pour l’opening qui est une vrai merveille colorée et remplie de bonheur ! Cinq sur cinq au final !

Le lexique d’Otaku :

Seinen : Le seinen (青年漫画, le manga pour jeune homme) est un type de manga dont la cible éditoriale est avant tout constituée par les jeunes adultes (15 à 30 ans) de sexe masculin.
Sadique : Personnage prenant de haut les autres, les rabaissant plus bas que terre et les humiliant verbalement.
Café à thème : restaurant dont les menus, la décoration et tout l’environnement de l’établissement sont influencés par un thème ou un concept précis.
Ecchi : Ecchi (エッチ, etchi?, se prononce /etːt͡ɕɪ/) est un mot japonais signifiant « indécent », « lubrique » ou encore plus souvent « pervers ». En Occident, le mot ecchi est utilisé pour définir un genre de manga et de dessins animés japonais à connotation sexuelle légère et implicite .
Joji : jōji (女児, jōji, litt. petite fille) Manga pour les jeunes filles.
Danji : danji (男児, danji, litt. petit garçon) Manga pour les jeunes garçons.
Shojo : Shōjo (少女) est un mot japonais signifiant jeune fille ou petite fille. Le shōjo manga (少女漫画) est une bande dessinée japonaise publiée dans un magazine de prépublication dont la cible éditoriale est avant tout constituée de jeunes adolescentes.
Shonen : shōnen (少年, qui signifie « adolescent » en japonais) est utilisé pour désigner un type de manga, le shōnen (少年漫画, le manga pour jeune garçon), qui est un type de manga dont la cible éditoriale est avant tout constituée de jeunes adolescents de sexe masculin.
Seinen : seinen (青年漫画, le manga pour jeune homme) est un type de manga dont la cible éditoriale est avant tout constituée par les jeunes adultes (15 à 30 ans) de sexe masculin.
Josei : josei (女性漫画) est un style de manga dont la cible éditoriale est avant tout constituée par les jeunes adultes (de 15 à 30 ans) de sexe féminin.
Hentai : Hentai (変態, ˈhɛntaɪ̯) est un mot japonais qui signifie « transformation », « métamorphose », « perversion », mais qui est utilisé en Occident pour désigner des mangas et des anime à caractère pornographique.
Fanservice : Le fan service (ファンサービス, fan sābisu ou fanservice, abrev. fanserv) est une pratique qui consiste à alimenter la passion des fans et leurs fantasmes avec des contenus digressifs ou superflus qui leur sont spécialement destinées, comme Dragon Ball Super.
Tsundere : Tsundere (ツンデレ, Tsundere) est un terme japonais utilisé pour définir une personnalité qui est au premier abord distante, hautaine, voire pimbêche, et qui devient affectueuse et tendre par la suite.
Idole : Personnage mignon, enfantin (la plupart du temps), qui cherche à attirer toujours plus l’attention sur lui et à devenir, au travers des réseaux sociaux et autres blogs, une célébrité.
Imouto-chan : Petite sœur en japonais, il s’agit dans les mangas, d’un personnage qui se comporte comme tel et qui sait attendrir les autres avec son arme secrète : de grands yeux, une mine boudeuse et quelques larmes.

Marion Pépin

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