Chapitre 1

Chapitre 1

L’histoire que vous allez lire est le commencement d’une série de chapitres d’un livre écrit par Marion Pépin. Elle n’a pas encore de nom pour l’instant, si vous voulez lui en donner un, suggérez-le en commentaires, en bas de cette page. Bonne lecture !

Source : Pixabay

C’est assez étrange… jamais je n’aurai pu penser, avant cette nuit là que la vie pouvait basculer du rêve au drame en quelques heures. Et pourtant… Après avoir gravi les deux cent quatre vingt huit marches qui séparait le hall d’entrée de la porte du luxueux appartement de mes parents, j’ouvris cette dernière.

– Bonsoir ! Je suis de retour !

Pas de réponse. Ils ne devaient pas être encore rentrés.

Grâce au travail de mes parents, on habitait tous les trois dans le quartier riche d’Ormonde, capitale de l’Empire Kidham, coupé du reste du monde à cause du désert Naseer qui encerclait le pays. Scientifiques de leur état, mes parents travaillaient au service de l’empereur. Ce qui est en soit hors de toute logique puisqu’il ne semble pas supporter ceux qui possèdent une connaissance supérieure à la sienne. Aujourd’hui âgé de 65 ans, il est l’homme le plus vieux de l’Empire. En effet, chaque jour des milliers de femmes et d’hommes ayant environ 45 ans disparaissaient dans de mystérieuses conditions. Selon certains témoins, la police secrète les capture et les emmène dans un lieu méconnu de tous. On dit également que l’empereur est intimement lié à tout cela. Malheureusement ce n’est que pure spéculation car pour l’instant rien n’a été prouvé même s’il s’agit de l’avis de tout le peuple de Kidham. Enfin, quoi qu’il en soit avec un peu de chance il me reste encore 29 ans à vivre paisiblement. La porte claqua.

– Mary ! Tu es là ? Mary?!
– Oui maman je suis là, lui répondis-je.

Mes parents me rejoignirent dans le salon.

– Nous avons un cadeau pour toi…

Je m’approchais d’eux. Ma mère s’était assise dans le sofa. Elle se tenait droite son corset en cuir bien serré, par-dessous lequel elle portait une chemise assez ample. Elle avait remonté ses goggles dorées sur le haut de sa tête. Tout était parfait chez elle. Aucun cheveux de son chignon ne dépassait. Elle était l’exact opposé de mon père. Lui c’était avachi sur une chaise du salon. Il portait une une chemise, autrefois blanche, tachée par le charbon, le col remonté ainsi qu’un veston mal boutonné. Le nœud de sa cravate était légèrement de côté, ses lunettes de protection étaient comme celles de ma mère, remontées sur son front et son visage était parsemé de taches de suie. Ils étaient complètement différents l’un de l’autre, mais inséparables. Je me suis assise aux côtés de ma mère. Elle me tendit un petit paquet. Je l’ouvris et fut étonnée devant le présent. Je regardais les parents d’un air interrogateur.

– Ce pendentif est magnifique… Mais quelle est cette lumière blanche emprisonnée dans la bille de cristal ? Leur demandais je de plus en plus confuse.

En effet, dans la sphère cristalline, une indomptable lumière blanche, s’agitait de manière effrénée. Le bijou était un délicat ouvrage d’orfèvre . L’Orbe était cerclé d’un anneau d’or finement gravé et dans lequel étaient incrustées de petites gemmes écarlates . Une chaîne argentée en faisait une somptueuse parure. La voix de ma mère me ramena sur terre.

– Il s’agit du plus grand trésor que ce pays n’ai jamais possédé… Me dit-elle d’une voix hésitante, en jetant un regard rapide à mon père.
– … l’Onde blanche, finit mon père.

Je restais bouche bée face à cette révélation. Cette force de la nature… Indomptable, sauvage, effrayante, captivante, magnifique… que l’Homme a toujours voulu exploiter, sans jamais y parvenir, était dans ce bijou . C’était complètement dingue. Je ne parvenais pas à croire que mes parents venaient de m’offrir impossible .

– Co… Comment ? Parviens je à éluder.
– il s’agit de notre dernière réussite me répondit mon père, hormis ta mère moi et les autres scientifiques, tu es la seule au courant. Garde cela secret. Ça serait mortel pour toi de dévoiler ce trésor aux yeux du monde.
– Pourquoi ?
– Ne laisse jamais ce pendentif tombé entre les mains de la police secrète. Jamais tu m’entends ? Me dit ma mère alors sans répondre à ma question et en me remettant un grand rouleau entre les mains.
– Sers-toi de cela pour construire la machine qui permettra de faire la révolution !

Je ne comprenais plus rien . L’inquiétude commençait à se faire sentir dans la voix de mon père. Ma mère avait les larmes aux yeux.

– Que se passe-t-il ! ? M’écriai-je.
– Mon ange, me dit ma mère en prenant mes mains, on ne sait pas non plus ce qu’il se passe exactement. On est également un peu perdu, mais en rentrant, une lettre nous attendait sur le pas de la porte. On l’a lu… À ton tour… me dit-elle en donnant ladite lettre .

Je la pris. Mes mains tremblaient tellement que je ne parvenais plus à lire ce qui était écrit.

« Monsieur et Madame Thorne Hevrey,
Nous sommes au courant pour votre découverte. Nous aimerions vous adresser notre reconnaissance et nos félicitations les plus sincères, mais l’heure n’est pas à la fête. Nous vous envoyons cette lettre pour vous informer du danger qui pèse sur votre famille. Cela est à votre découverte . Nous ne pouvons dire qui est dernière cette menace mais sachez qu’elle est liée à la police secrète de l’Empire. Faites en sorte de faire disparaître le bijou dans lequel vous avez enfermé l’Onde blanche avant qu’elle ne tombe entre les mains de la milice impériale . Construisez la machine qui permettra de faire la révolution . Nous pourrons vous venir en aide n’importe quand dans cette mission nous espérons que vous suivrez nos conseils et nous ferez confiance pour la survie de votre famille.
Steamwolves »

Je regardais mon père les larmes aux yeux. Il détourna les siens, comme s’il se sentait coupable. Je me tournais vers ma mère. Elle avait la tête baissée. Après plusieurs minutes dans un silence de mort , où chacun évitait le regard des autres, mon père prit enfin la parole.

– Nous allons te couvrir… Enfuies toi loin, très loin ma fille… me dit-il la voix tremblante, avec ceci réussit-il à finir en me montrant le pendentif.
– On veut te faire disparaître. Si on part avec toi, la réussite du projet « WhiteWave » risque d’être largement compromise, dit alors ma mère rester jusque là dans le silence le plus complet.
-Mais je ne peux pas vous laissez ici ! Les Steamwolves peuvent vous venir vous aider non ? M’écriais-je.

Je les regardais puis, retournais mon attention vers cet étrange bijou. Qu’est ce qu’il avait de si dangereux ? Pourquoi était-ce devenu une affaire d’état ? Pourquoi était-on en danger ? Je n’avais aucune réponse à ces questions. Soudain on frappa à la porte. On se redressa tous, le cœur battant à tout rompre dans nos poitrines. Je mis le pendentif autour de mon cou et le dissimulai sous mon corset.

– Milice impériale ! Ouvrez ! Cria une voix d’un grave presque caverneuse.

On se regarda tous les trois. Mes parents se ruèrent dans la cuisine, je les suivi, bien que je ne sache pas ce qu’ils avaient derrière la tête. Là, ils ouvrirent la petite trappe donnant sur le monte-plat. Je compris de suite leur idée. Je montais dedans en me pliant de manière à pouvoir faire descendre le monte-plat sans accroches. Une fois installée, mes parents fermèrent la trappe. J’entendis de nouveau cette voix terrifiante et caverneuse, résonant entre les murs. Je décidais de ne pas descendre tout de suite. J’entendis la porte s’ouvrir et mes parents saluèrent les policiers. Aucune réponse de leur part, mais d’énormes bruits de pas faisant trembler les murs et le parquet. Ils fouillaient de partout. Ils finiraient par me retrouver mais je n’arrivais pas à lâcher prise, à m’en aller. J’étais pétrifiée de peur.

– Où l’avez vous caché ? Où est-elle ?! Cria soudainement l’homme de la milice. Je veux savoir où est-ce que vous avez caché l’Onde Blanche !

Je n’entendais pas un mot sortir de la bouche de mes parents. Ils semblaient rester calmes. J’étais fière d’eux. Ils étaient si courageux. J’entrouvris la trappe afin de savoir ce qu’il se passait. Là je vis mon père, regardant droit dans les yeux le colosse. Il était suspendu par le col à cinquante centimètre au-dessus du sol. Ma mère restait droite, tenue en joug par les autres policiers et ne pipait mot. Le géant brandit son sabre et le pointa sous sa gorge.

– Dis moi où est l’Onde Blanche! Ou je te tue, menaça l’homme.
-Plutôt mourir, répondit mon père en crachant au visage de ce dernier.
– Trouvez la ! Et cherchez la gamine, elle doit avoir des informations , ajouta l’officier de la milice en s’adressant à ses hommes

Le lieutenant, d’un coup de sabre, vif, il coupa la tête de mon père. Celle-ci roula aux pieds de ma mère. Elle, qui d’habitude ne lâchait pas une larme, fondit en larme et s’écroula par terre. Quinze coups de feu consécutifs. Je les ai compté. Quinze coups. Ma mère est morte après quinze balles dans le corps. Cette scène venait de se dérouler sous mes yeux. Je ne pouvais plus supporter ce spectacle horrifique. Je fis coulisser la corde du monte-plat aussi vite que je pouvais. Les larmes me montèrent aux yeux. Je ne parvenais pas à calmer ma respiration. Une fois en bas, dans les cuisines, je sortis par une fenêtre étroite. Je me retrouvais alors dans une ruelle se situant derrière l’immeuble. Je me mis à courir. Mon instinct guidait le moindre de mes mouvements, mais je ne savais pas où j’allais. J’étais paniquée, complètement affolée. J’avançais à l’aveuglette, j’étais perdue dans la nuit et dans un froid à vous glacer le sang. Mes yeux étaient embués par les larmes et je tentais tant bien que mal d’étouffer mes sanglots. Je trébuchais sur les pavés de la rue, me rattrapant aux murs poisseux ou aux nombreuses caisses en bois qui traînaient, attendant un propriétaire quelconque. Mon cœur battait dans mes tempes et j’avais l’impression qu’il allait exploser dans ma poitrine. De temps à autre, un gémissement de douleur parvenait à passer mes lèvres. Je ne parvenais pas à réaliser ce qu’il venait de se passer. Ma tête tournait et je commençais à avoir des nausées. Exténuée, je me décida à m’asseoir dans un recoin entre une palissade, faite en planche de bois et un trio de caisses. Je me mis alors à pleurer, sans un bruit. Je me mordais jusqu’au sang pour atténuer mes sanglots, qui pourraient me trahir. Mes larmes s’écoulèrent de plus en plus. Je ne sais pas combien de temps j’ai passé là, à sangloter et à essayer de réaliser ce qu’il venait de se passer, jusqu’à ce qu’une épaisse main s’abattit soudainement sur ma bouche. Et sans que je puisse dire quoi que ce soit ou même comprendre ce qu’il m’arrivait, un bras fort m’attira vers l’arrière. Mon cœur loupa un battement. Mes oreilles se mirent à siffler. Mes yeux s’écarquillèrent, troublant davantage ma vision. Sur ma langue, le goût du sang se rependait. Je compris que mon escapade s’arrêtait là. Ils avaient fini par me retrouver.

Marion Pépin

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